Le management du risque juridique peut recouvrir plusieurs facettes.

Sur ce blog, je m'étais interrogé il y a quelques semaines à propos de la marée noire du golfe du Mexique sur la difficulté pour une entreprise de calculer son risque juridique, ainsi que sur le risque pour l'entreprise de disparaître. Au delà du risque juridique en tant que tel, l'entreprise doit ainsi prendre en considération ce paramètre.

Samedi 9 octobre 2010 avait lieu à l'EDHEC l'inauguration de l'école en présence des diplômés. Le professeur Christophe Collard présentait les axes de recherche du pôle Legal Edhec de "performance juridique" avec ce titre "et si le droit devenait votre meilleur ami ?". 

Suite à cette brillante présentation, la discussion s'est engagée à bâton rompu sur le risque juridique et sur les autres types de risque de l'entreprise. Mon argument était que l'entreprise doit pouvoir, comme pour les autres domaines de l'entreprise tel que le marketing, calculer un risque et prendre celui-ci ou non selon sa propre aversion au risque. Depuis la salle, un diplômé remarquait alors fort justement que la différence entre le risque de lancement d'un nouveau produit et le risque juridique et que le risque juridique comportait un risque de disparition de l'entreprise beaucoup plus fort. Le risque au moment du lancement d'un nouveau produit ou de la conquête d'un nouveau marché géographique peut lui être beaucoup plus facilement être évalué et entraîner une perte limitée.

Cette réflexion en entraîne toutefois une autre. Le risque de disparition n'est pas nécessairement le même pour toutes les entreprises. Comme l'indique l'expression "too big to fail", le risque pour une grosse entreprise de disparaître est moins important que pour une petite entreprise ou une entreprise de taille moyenne. En effet, l'effet social de la disparition de cette entreprise sera tellement important que l'Etat fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver cette entreprise. L'exemple d'Alstom en France est parlant, l'Etat bravant l'interdiction européenne de subventionner ses entreprises nationales, tout comme la faillite d'une seule grande banque américaine, Lehman Brothers, à l'occasion de la crise financière, alors que nombre d'entre elles, tout comme les sociétés automobiles et notamment General Motors, n'auraient probablement pas pu survivre dans ce contexte sans l'intervention de l'Etat américain.

Toutes les entreprises ne seraient donc pas égales face au risque juridique ?

Plus d'informations sur la stratégie juridique des entreprises : http://legalstrategy.canalblog.com

Olivier BEDDELEEM

Enseignant-chercheur à l'EDHEC Business School

beddeleemo@gmail.com


Too big to fail. Lessons to learn for Legal risk management.

Legal risk managmeent can have several aspects.

On this blog, referring to the oil spill in the gulf of Mexico, I addressed a few weeks ago the question of the difficulty for a company to assess its legal risk, as well as the risk to disappear. More than assessing its legal risk, a company also has to adress this last risk.

On Octobre 9, 2010, the opening of EDHEC Business School with Alumni let Professor Christophe Collard to make a presentation of Legal EDHEC research center and its focus on « legal performance » witht the following title « if law became your best friend ? »

After this great presentation, we started speaking about legal risk and other company risks. My argument was that a company should be able, as for any other field like marketing, to evaluate its legal risk and take the decision to take this risk or not to take it depending on its own aversion to risk. An alumnus professional however stressed the fact that the difference between the risk taken when launching a new product and the legal risk is that a legal risk may more often lead to an hardly expectable risk of death of the company. The risk when launching a product or trying to get a new geographical market could be more easily assessed and lead to a limited loss.

Something else flows from this analysis. The risk of disappearing is not necessarily the same for all companies. As the expression « too big to fail » states, the risk for a big company to disappear is not as important as it is for a medium or small company. The social effect of the bankruptcy of a big company may be so important that the State will do as much as it can to save this big company. The example of Alstom in France is clear, France trying to help its national champion even though European conditions were hard to meet, as well as the banruptcy of only one big bank, Lehman Brothers, during the financial crisis, whereas many of them, as well as car manufacturers like General Motors, would probably have had a hard time surviving in that context without the support of the United States of America.

All companies would not be equal faced ot legal risk ?

More information about legal strategy ? http://legalstrategy.canalblog.com

Olivier BEDDELEEM

Research lecturer at l'EDHEC Business School

beddeleemo@gmail.com