Tout étudiant qui a passé un peu de temps aux USA se souvient de ces bus Greyhound qui parcourent les USA et permettent aux citoyens de voyager partout dans les USA. De retour en France, il découvre qu'Eurolines propose des prestations similaires, mais qu'il est impossible de profiter de ces services à bas coût entre deux villes françaises.

Le journal Nord Eclair, dans un excellent dossier fin 2009, avait révélé la raison de ce disfonctionnement : Afin qu'une ligne de bus réalise des trajets réguliers entre deux villes françaises, la Loi d'orientation sur les transports intérieurs (LOTI) impose l'autorisation de l'Etat. Eurolines, et opérant des lignes internationales, n'est pas visé par cette loi. En revanche, lorsque Veolia demande l'autorisation de relier Lille à Paris, cette autorisation est refusée. En effet, l'Etat vérifie l'effet de cette ligne sur la viabilité des autres moyens de transports existants, et a toujours privilégié le transport TGV.

La stratégie juridique mise en place par Covabus est donc remarquable. L'association pour les transports adaptés (APTA) a en effet habilement mis en place une liaison "non régulière". Comme l'explique son président, Thibault Vayron, "cette desserte n'est pas stricto sensu régulière. Si le nombre de personnes transportées est insuffisant, le bus en part pas"[Note2].

La démarche est intéressante car même si la légalité de ce mode de transport est contestable, l'association jouant sur les mots, cela lui permet d'occuper le terrain et de faire pression pour obtenirà à terme, une autorisation de transport régulier après avoir démontré la viabilité du modèle et l'inéquité de l'application actuelle de la législation

[Note 2] Gaëtane Deljurie, "Covabus : le covoiturage professionnel", 20 minutes, 28 octobre 2010, p3