Filiale du groupe Auchan, la banque Accord a fait de l’innovation l’un de ses axes de développement majeurs. Et pour innover, la banque développe sa stratégie à partir des évolutions du droit européen.
Déjà à l’occasion de la directive SEPA (Single Euro Payment Act), son directeur général Damien Guermonprez avait fait valoir les intérêts des banques et des commerçants utilisateurs des services de paiement en informant les députés européens et notamment le député Jean-Paul Gauzes (1), eurodéputé élu dans la région Nord-Ouest et rapporteur de la directive [Note1]. Son action a permis au législateur européen de mieux prendre en compte l’impact de la législation européenne en matière de paiement sur les commerçants européen utilisateurs de ces moyens de paiement. Elle a également permis à la banque Accord de maitriser les subtilités de la législation européenne afin de profiter de ses évolutions et d’anticiper les évolutions du cadre juridique français.
Cette connaissance précise des mécanismes européens a notamment permis à la Banque Accord de lancer deux nouveaux services.
Le premier de ces services est le co-branding. Le co-branding est la commercialisation en commun d’un produit ou service, en apposant les logos de plusieurs opérateurs. Cette pratique était courante dans le commerce et le marketing, mais le droit limitait son utilisation dans le domaine bancaire. Le droit français n’autorisait pas la commercialisation de cartes bancaires par un autre opérateur qu’une banque, ni la publicité sur des cartes bancaires. Grâce à l’harmonisation européenne, les banques françaises et européennes peuvent désormais distribuer des cartes bancaires à l’effigie d’un commerçant. La banque Accord a ainsi été un des pionniers en lançant dès que cela était possible en France une carte bancaire portant le logo de la MACSF[note 2].
Autre innovation, et non des moindres, la Banque Accord est une pionnière dans la mise en place de moyens de paiement sans contact. Le paiement sans contact s’effectue par le biais d’une puce RFID qui transmet les information via les ondes. Comme l’indique Jean-Pierre VIBOUD, directeur général délégué de la banque, le mode de paiement ‘Pay-Pass’ développé par la banque Accord est « une carte bancaire classique qui comporte en plus la fonctionnalité ‘sans contact’ pour les paiement de petits montants. Le paiement se fait sans contact entre la carte et le terminal, sans saisie de code secret. Pour régler son achat, le client passe sa carte devant un terminal de paiement électronique (TPE). Un signal lumineux s’affiche, la transaction est validée en quelques secondes. Il s’agit de la même carte pour tous les achats : avec ou sans contact, sans opération supplémentaire telle qu’un rechargement» [note 3]. L’Union Européenne a mis en place des normes afin de sécuriser ce moyen de paiement et éviter les fraudes. La métropole lilloise est à la pointe de la recherche en matière de transmission RFID [note 4] et la Banque Accord a dès lors très naturellement profité de cette dynamique et de son sens de l’anticipation de l’évolution de la législations européenne pour être parmi les premières à mettre sur le marché cette solution innovante.
[Note1] Conférence « SEPA : Le futur des services bancaires en Europe », Lille, 13 mai 2008
[Note 2] http://www.lesechos.fr/vg/articles/89/89444435.html
[Note 3] Magazine Face Grand Lille, n°202, sept 08, p6
[Note 4] http://www.internet2008.fr/spip.php?article204

(1)http://blogs.ionis-group.com/cgi-bin/MT/mt-search.cgi?IncludeBlogs=85&search=jean+paul+gauzes

© Olivier BEDDELEEM, enseignant chercheur à l’ISEG, 2008, olivier.beddeleem@lille.iseg.fr